M. et Mme T. Vendeurs et réparateurs de véhicules de loisir – Rhône (69) – 5 salariés

Nous avons repris un fonds de commerce en 2012, avec l’ensemble des salariés. Parmi ceux-ci, il y avait un assistant commercial récent dans l’entreprise. Rapidement, nous avons eu des doutes sur ses compétences, à la fois dans la relation client, mais aussi sur ses capacités administratives à monter les dossiers de garantie.

Sachant qu’il est difficile de se séparer d’un salarié, même récent, même incompétent dans son métier, nous avons pris soin de monter un dossier pour justifier le licenciement envisagé. Des clients nous ont donné des attestations et nous avons relevé les fautes commises pour le montage des dossiers en garantie constructeur. Les garanties constructeur sont très importantes dans notre métier parce que nous sommes responsables devant le client des problèmes qu’il pourrait rencontrer avec les véhicules achetés chez nous. Si le dossier de garantie constructeur est mal monté, si il manque un ou plusieurs éléments, les constructeurs ne prennent pas en charge les frais de réparation, même si le problème vient manifestement du véhicule vendu et non d’une faute de notre part. Or, nous avons dû prendre directement en charge plusieurs réparations mécaniques sans pouvoir nous retourner contre le constructeur par les dossiers montés par ce salarié n’étaient pas correctement ficelés.

Nous lui avons adressé plusieurs avertissements avant de finalement engager une procédure de licenciement pour faute.

Evidemment, il a contesté ce licenciement et les Prud’hommes lui ont donné raison. Le licenciement a été considéré comme sans cause réelle et sérieuse.

Nous avons été condamnés à lui verser 8 mois de salaire alors qu’il n’avait qu’une ancienneté de 9 mois ! Ça a été un coup dur, dès le départ, pour notre petite entreprise.

Bien que nous en aurions besoin, nous n’avons embauché personne en remplacement. Nous préférons travailler 6 jours sur 7 plutôt que de risquer un nouveau prud’homme. Avec cette expérience, nous n’avons pas envie de développer notre entreprise, ce qui supposerait d’engager de nouveaux salariés. Nous avons de très bonne relations avec les 5 actuels et ne voulons pas connaître une autre mauvaise expérience dont on ne sait pas jusqu’où elle pourrait nous mener financièrement.