Mme Katia B. – Restauratrice à Troyes (10)

Je me suis retrouvée au chômage après un licenciement. Mes enfants étant grands, j’ai décidé de me lancer en indépendante dans ce que je savais le mieux faire : la restauration.

Fille d’anciens restaurateurs, je savais parfaitement dans quoi je m’engageais. Je connaissais les risques pris par les entrepreneurs, le niveau d’investissement personnel et les horaires importants, surtout dans la restauration.

J’ai ouvert en 2014. Pendant un an et demi, tout allait bien. J’avais même un salarié. Puis les charges (URSSAF, RSI) sont devenues difficilement supportables. Je me suis séparée de mon salarié et j’ai commencé à tout assumer seule : les stocks, la salle, la cuisine, la compta,…

C’est ma banque qui m’a donné le coup de grâce en supprimant du jour au lendemain mon autorisation de découvert de 6.000€. J’ai eu un chèque rejeté et c’était fini. Depuis, j’ai l’impression de travailler uniquement pour payer les frais de la banque. J’en ai eu pour 5.000€ de frais en un an et malgré ça, je suis presque arrivée à remonter mon découvert. Pour passer les frais et les agios sur le compte en débit, il n’y a jamais de problème. Mais pour passer le paiement de mes factures, ça se fait manuellement, avec des frais. Il paraît que mon compte est « sous surveillance ».

Certains jours, entre les frais d’impayés des fournisseurs et ceux de la banque, j’ai l’impression que je n’y arriverai jamais. D’autres jours, j’y crois et je continue à travailler le plus possible. Je sers mes clients midi et soir. De toute façon, mon restaurant, c’est tout ce que j’ai.

Je ne demande pas grand-chose : jusque un petit découvert autorisé de 2000 ou 3000€ pour stopper tous ces frais. Mais ma banque refuse. Je suis « sous surveillance ».